Toujours sans direction mais avec un sens

by - mai 10, 2018

Tant et tant d'expériences, de rencontres, de partages qui m'ont bouleversés. Déjà!

Il y a cette France que l'on connaissait si peu et que l'on voulait arpenter avant d'aller plus loin. Parcourir sa diversité, essayer de partager sa beauté. Convaincre aussi, un peu. J'ai tant et tant entendu qu'il fallait aller loin pour voyager. Et qu'il fallait fuir les français pour rencontrer, pour partager.

Je ne suis pas chauvin mais j'aime ce pays. Il m’a tant donné déjà. L'éducation même quand j'avais peu de moyens. La santé même après des accidents idiots. Les rencontres, à Paris, Nérac, Bordeaux, Lyon, Toulouse… Vous tous qui prenez le temps de lire ces mots.
En tendant l'oreille je trouve que parfois nous oublions la chance que nous avons de vivre dans ce pays au milieu de tous ses habitants.

Oui il y a des images, des paysages des routes. Ce champs en fleur il y a quelques jours dans les Pouilles, cette pause déjeuner en Bretagne, les Ardennes belges, ce plateau enneigé entre Auvergne et Aveyron, les Cévennes, le Lubéron, Badolato...

Mais je me souviens en fait surtout des instants, des atmosphères, des ambiance.
Je me souviens des moments, des lieux, des gens. Des énergies ressenties. Des histoires racontées. Des plats partagés.
Ceux que l'on a cuisinés et ceux que l'on nous a préparés. Les expériences mises en commun. Les trajectoires de vie. La paix du Christ (Si si !) donnée à Rome en fin de messe.
Lorsque je suis parti je ne cherchais rien. Ou en tout cas je n'avais conscience d'aucune quête.

Et je me souviens du Jardin du Trèfle. Souvenez vous aussi je vous en avais parlé. C'était en Normandie au début du voyage. On a rencontré Pierre.
Nous nous cherchions carrément, sans le savoir. Et Pierre à su mettre les mots justes : tour de l'univers de  l'humain… Merde ces mots avaient sonnés déjà à ce moment là. Mais là ils prennent tant de sens !
Peu importe les kilomètres, les routes, les dénivelés. Peu importe même le pays, que l'on soit près ou que l'on soit loin. Peu importe que l'on tourne à droite ou que l'on prenne à gauche. Du moment qu'il y a une rencontre.


Nous ne sommes pas en voyage dans le sens du déplacement, de la recherche d'exotisme, d'ailleurs ou de lointain. Cela fait 7 mois que nous avons tout quitté et nous ne sommes qu'en Italie d'ailleurs. Alors que déjà nous aurions pu traverser l'Europe et l’Asie. Nous avons pris le temps. Le temps d'aller à votre rencontre. Le temps de suivre vos recommandations. Le temps de faire des tours, des détours et des tourne-en-rond. 7 mois ça fait tant de jours… Et sur ce temps je ne pense même pas que nous ayons roulé un jour sur deux. Définitivement avancer n'est pas notre moteur.

Provoquer la rencontre, si possible. Interpeller avec nos vélos et nos sacoches. Profiter des moments, des instants. Donner des bonjours, des sourires, faire des signes. A tout le monde, tout le temps. Nous fuyons l'entre soi, l'entre nous. Nous recherchons l’avec vous, l’avec eux, l'ensemble tous, le partage.

Oui au fil du voyage nous nous rendons compte qu'en fait cette aventure à un sens. Qu'elle nous fait progresser. Qu'elle nous fait nous élever.
Voir tous ces gens qui ouvrent leur porte, nous intègrent dans leur foyer, leur famille. Voir la générosité, le partage, l'accueil et l'amour de l’Autre. Même quand il est inconnu.
Ces gens qui ne nous connaissent pas et qui nous laissent leur maison alors qu'ils ne sont pas là. Ceux qui nous accueillent comme de vieux amis, comme de la famille alors que l'on ne s'est jamais vu. Ceux que l'on croise dans une rue et que l'on ne quitte que le lendemain, au plus tôt. Ceux qui invitent notre famille à leur table alors qu'on se connaît depuis la veille. Ceux qui nous donnent tout ce qu'ils ont alors qu'ils n'ont rien. Ceux qui spontanément nous invitent à boire un café et qui nous gardent 24h et plus. Ceux, souvent, qui sont tout ça a la fois et bien plus encore.
Toutes ces histoires sont vraies !

Tous ceux là avec qui nous gardons un lien. Au delà de notre voyage ils ont marqué ma vie, mon âme, mon futur. Ils me donnent tous l'exemple de ce que je voudrais, ce que je devrais être. Ce que je deviendrai j'espère.
Tant de belles âmes peuplent cette terre avec vous ! Sans peurs, quelque soit le pays,. Il n’y a pas de frontière pour l'amour de l’Autre (Ça aussi je l'ai déjà écrit).

J'ai toujours eu une foi illimitée en l'humanité. Notamment parce que je vous côtoie. J'ai toujours cru, sans aucune limite ni arrière pensée, à l'âme humaine. Naïf et niais. Simple d'esprit.

Aujourd'hui je prends conscience d'une chose. Après 7 mois. Pas fut fut le gars...
Je n'avais pas besoin de me rassurer sur l'humain. Je crois que j'avais juste besoin de savoir qu'il est ordinaire d'être bon.

Alors voilà nous sommes à la rencontre. Pas là pour rouler, traverser des pays, passer les frontières, chercher l'exotique, le lointain, l'ailleurs. Là pour provoquer l'ordinaire. La confiance, l'amour, le partage.

Vous devez vous lasser parfois des récits de nos rencontres. De ce côté répétitif. De ce style naïf.
C'est qu'il n'y a rien d'extraordinaire à rencontrer de telles personnes. C'est qu'elles sont partout autour de nous. C'est qu'il est banal et ordinaire d'être quelqu'un de bien. Ces rencontres que nous faisons sont possible en bas de chez nous. Dans le hall de notre immeuble, dans les commerces de notre quartier, parmi nos collègues, nos clients… Et bien sûr vous en faites partie !
Juste une vie normale.

Tout ordinaire que ce soit, je reste toujours émerveillé de ça. J'aurai toujours du mal à quitter ces gens (ça aussi j'en avais parlé...Je tourne en rond !). Je serai toujours heureux de voir de tels comportements. Je trouverai toujours merveilleux que l'on puisse à ce point aimer l'autre comme un soi-même au point de lui accorder tant de crédit sans même savoir qui il est.

Il est ordinaire d'être bon, et j'ai un sacré appétit pour cet être ordinaire.
Nous ne sommes qu'en Italie oui, mais alors dans l'humain qu'est ce que l’on à voyagé!

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