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Velicita - un tour à vélo

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Pour tous ceux qui ne nous suivent que par ce blog, nous avons mis en ligne une vidéo pour nos 6 mois depuis le départ.

En espérant qu'elle vous plaira. N'hésitez pas à nous faire des retours, des suggestions, des manques... On vous écoute!

Pour la vidéo c'est par ici :


A tout vite pour de prochaines aventures...européennes
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Chacun son voyage !
J'avais préparé depuis le départ quelques notes que j'avais classées sous “La Velicita c'est aussi ça !”
La lecture d'un n-ième article de voyageurs à vélo dans un magazine choyé des auto proclamés alter-cyclistes (comme si le vélo était unique…) en a accéléré la publication.


Cette désagréable impression que tous les voyages, lorsqu'ils sont couchés sur le papier, se ressemblent. La sensation d'un grain de terre sous la dent en mangeant ces épinards ou ces poireaux que je n'arrive jamais à nettoyer.

“La liberté, se sentir vivant, intensément. Être infiniment riche de son dénuement”.
Voilà le vocabulaire de partage du voyage à vélo. Un prisme, un filtre qui ne dit pas son nom. Il s'impose insidieusement mais avec force et autorité à l’itinérant à deux roues qui raconte. Et quelque part aussi au lecteur qui dévore. Par cette attente inconsciente et a priori d'évasion et de rêve lorsque j'entame la lecture du récit d'un voyageur. Comme un dogme qui emprisonne sans que je n'en ai conscience. Comme une certaine altération de la vérité, aussi.

N'avez-vous jamais ressenti ce petit frisson d'agacement en lisant ces récits (mes récits) ou tout est beau et merveilleux ? Cette forme de romantisme un peu bourgeois, voire aristocratique, de ces nouveaux dandys qui abandonnent tout pour renouer avec la nature, braver et surmonter l'inconfort de l’itinérance pour se sentir vivants. Se sentir vivant surtout en le criant au monde entier.
Comme un dénigrement de ce que sont les autres, au mieux de ce qu'est leur vie, enfermés dans un quotidien étriqué.
Cette impression que c'est parfois un peu forcé aussi… Une aventure dénaturée. Des concepts soyeux et riches, des principes philosophiques, des mots bien choisis, des situations sélectionnées… Le récit d'une vie belle et pleine, la seule qui vaille le coup, la “VRAIE vie” ! Comme une leçon dispensée, magnanime, au monde que l'on a quitté.

Chacun son aventure et sa place, sa façon de raconter. Je ne porte aucun jugement. Lecteur ce matin je me suis juste dit comme une prise de conscience que je ne voulais surtout pas que mon partage ressemble à ça.
Oui il faut inspirer, partager la joie, les rencontres. Éclairer les journées par un peu d'extra-ordinaire, comme une fenêtre ouverte qui troue le quotidien balisé de nos vies bien organisées. Oui il faut susciter l'envie, dire que c'est accessible. Montrer que tout est possible et que tous nous avons ce pouvoir d'exister dans nos vies. Mais pour chaque être cette existence sera différente.

Un chemin pour chacun

Une simple balade, une lumière qui réchauffe, un arbre que l'on enlace, un projet que l'on délivre à temps, une signature gagnée à l'arrachée, un contrat bien négocié, un légume que l'on fait pousser, un bonus, une promotion que l'on obtient. Les moteurs sont propres à chacun. Pas besoin de radicalité, pas besoin de se confronter aux éléments. Nos vies, uniques et singulières, nous offrent chaque jour de nombreuses possibilité de nous réaliser.

Moi pour un temps c'est un voyage à vélo. Un simple voyage à vélo. Il ne faut pas y chercher une quête ou un chemin intérieur ou philosophique. J'avais juste envie de rouler, d'être dehors toute la journée, de partager la route avec Maréva, de rencontrer, de voyager. Je ne vis pas plus intensément ou mieux qu'avant, j'ai simplement une vie, un quotidien différents.

Je me perds… C'est le piège de l'écriture spontanée.
Ennuyé par la lecture de ce récit édulcoré dont je parle au dessus je veux aussi partager avec vous ma toute petite expérience de mon voyage, sa face cachée.

La liberté

Le plus souvent la liberté résonne dans mon tête comme une absence de contrainte. Une forme conceptuelle et chimérique d'un esprit et d'un corps livrés à eux mêmes.
Et bien sous cette définition de la liberté alors il faut casser le mythe je n'ai jamais autant vécu sous contrainte que depuis que je suis parti. Soumis aux aléas de la météo, sans refuge, tenu sans répit par des obligations relationnels lorsque l'on est chez des amis, intégrant les règles dictées par le duo formé avec Maréva… Dépendant totalement de la mécanique de mon vélo. La contrainte est forte et permanente, il ne faut pas se leurrer.
Par contre si l'on sort du concept pur de la liberté et si l'on regarde du point de vue du choix alors oui je suis libre d'avoir choisi mes propres contraintes. Mais n'était ce pas déjà le cas avant, lorsque j’acceptais, avec plaisir, ma condition de cadre en entreprise?

Les belles routes

On partage de belles photos, oh oui la France est belle !! Mais il y a aussi les journées entières sans intérêt à traverser une longue plaine monotone. Collé, réfugié sur le bord d'une route fréquentée.
Les immondis qui jalonnent les routes
Serrer à droite, lutter contre cette bande blanche en s'imaginant que l'on peut la faire dévier pour se retrouver sur un petit chemin bucolique.

Il y a aussi ces journées entières dans le froid ou sous la pluie, à ne voir aucun paysage, à ne croiser aucune personne dehors.
Est ce que l'on se sent plus vivant d'avoir traversé une telle journée et de telles conditions? Pour ma part non. J'ai même plutôt cette impression d'avoir un peu galvaudé mon voyage. Parce que personnellement mon moteur c'est le plaisir. Pas celui d'avancer à tout prix, celui d'être bien dans l'instant, chaque moment. Pas la satisfaction d'une arrivée non, le plaisir immédiat du chemin.

La vie partagée

Oh que ce duo est beau ! J'ai eu l'occasion d'écrire dessus.
Mais comme dans toute communauté il y a aussi des difficultés. Les choix, la responsabilité, le sentiment de culpabilité parfois. Les prises de tête, les intolérances, les incompréhensions. Oui tout cela existe. Ça n'enlève rien à la force, à la puissance et au plaisir du duo mais c'est aussi notre réalité.
On doit parfois attendre que les gens soient disponibles pour nous


L'itinérance, sève de la vie

Se lever chaque jour dans un nouvel et merveilleux endroit. Profiter de chaque levé et couché de soleil.
Ce n'est là encore qu'une partie de la réalité. Il faut parler des bivouacs à l'arrache. De la tente posée à la hâte dans un champs inconfortable, au bord d'une route passante ou sous la tempête et le déluge. Et parfois des 4 réunis.
Au milieu d'un champs, au bord d'une route, sur un sol désagréable et sous la tempête
Parler aussi des levers la tente gelée à l'intérieur, du couché dans une flaque d'eau le lendemain d'un bivouac mouillé. Du soleil que je ne vois pas se coucher, emmitouflé jusqu'au bout des cheveux dans mon sac de couchage dès 18h pour me tenir au chaud…


Je pourrai continuer, encore et encore...
Cela fait 6 mois maintenant. Et après 6 mois je voulais vous dire que La Velicita c'est beau, c'est intense, c'est enrichissant humainement, c'est un partage, une envie intacte.
Mais La Velicita c'est aussi ça! Ce que vous n'avez pas lu dans nos écrits et ce que je ne lis jamais dans les récits qui me sont proposés.

Je trouve ça dommage. Sans rien enlever, c'est aussi ça notre réalité, cette réalité que je souhaite partager. 
Un certain ordinaire...
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J’espère que ce titre générera du clic 😁
À Nice c'est 50 centimes pour pisser, donc être
Je n'avais jamais utilisé de sanisettes et depuis que nous sommes partis, les toilettes publiques sont devenues une sorte de Graal.
Le bas-côtés des routes et des chemins ou la pleine nature font bien entendu l'affaire mais parfois, en bonne occidentale, je suis contente de trouver un petit coin aménagé.

À Plounevez-Quintin, n-i-c-k-e-l
Il y en a de toutes sortes : des bunkers sales, des modernes à nettoyage automatique, des rutilantes qui trônent sur une place de village, des parfumées au poisson sur un marché, des invisibles planquées dans une petite rue… Je n'ai malheureusement pas encore croisé de toilettes sèches. Pour trouver les sanisettes il faut repérer l'église ou la Mairie, à côté desquelles elles sont souvent postées. C'est devenu un jeu de les dénicher et un amusement de les comparer.

Les WC de Plonévez-du-Faou sur la place de l'église 
Ces latrines sont la plupart du temps équipées de papier toilette (au pire l'itinérant a toujours une solution - je vous parlerai du pee rag une autre fois) et parfois, comble du luxe, de savon. Au-delà de leur fonction première, les WC équipés de lavabo permettent de remplir les gourdes, se rafraîchir ou de faire un brin de toilette appréciable (surtout pour les autres !) après plusieurs jours sous la tente.
J'imagine que pour ceux qui vivent dehors, ces lieux publics aident à garder une certaine dignité. Et comme les cabines téléphoniques, les abris ou les bancs publics, je constate qu’il y en a de moins en moins. Nous verrons si c'est également le cas dans les autres pays... Une enquête passionnante à suivre !
Les abris aussi sont nos amis
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La transition entre 2017 et 2018 fut étrange. Sans l'avoir prémédité nous nous sommes arrêtés un mois pour partager des agapes en famille et nous occuper du déménagement maternel.
Corvée de feuilles chez Maman
Un mois au cours duquel nous nous sommes posé pas mal de questions, la récurrente tournant autour de l'argent : ne devrions-nous pas profiter de cette pause pour renflouer les caisses ? Car finalement de l'argent, nous en utilisons. Pour les imprévus - remplacement de transmission pour Vindhya, des sacoches avant pour Maréva -, mais pas que.
Bertha bien équipée
Au quotidien, nous nous passons de déjeuner et nous contentons de pain, de fromage, de jambon le soir et de quelques gâteaux avant de partir le matin : sans doute moins de 5 euros par jour pour nous deux. D'autant que Vindhya est le roi des courses : je ne sais pas comment il fait, à chaque fois on lui offre un paquet de cacahuètes, un sandwich ou autre chose.
Dîner sous la tente
Mais tous ces gens qui nous accueillent, nous aimons lorsque nous en avons l'occasion faire quelques courses afin de leur préparer un repas, leur offrir un verre ou un café.
Nous n'avons pas travaillé pendant ce mois sans rouler, mais nous savons que nous devrons tôt ou tard gagner quelques sous avant de repartir. Ce sera encore une nouvelle expérience !
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Je ne sais pas comment on s'est tous les deux retrouvés là. A partir sur nos vélos, à choisir notre chemin, un chemin commun. Partir entre frère et soeur cela ne manque pas d'interpeller, de questionner lorsque nous racontons. Sans savoir pourquoi ça me paraît pourtant d'une telle évidence! D'ailleurs c'est peut-être ça l'évidence ? Des choses qui se produisent sans que l'on ait besoin de les comprendre.


Depuis plusieurs années nous sommes proches. Il y a le peu d'écart entre nous certes (14 mois quasi tout pile) mais aucun chiffre ne peut totalement tout expliquer. Car il y a eu de la distance aussi. Elle a Paris, moi à Toulouse. Et pourtant nos chemins se sont toujours croisés, sans que l'on ne le cherche forcément. Le vin et le vélo sont deux intérêts communs que chacun a pourtant développé de son côté. Le local, la consommation responsable, l'écologie, la curiosité aussi façonnent cette proximité.

Aujourd'hui nous roulons ensemble. Et il y a un constat : je n'ai jamais passé autant de temps avec quelqu'un d'autre. Pendant ces 3 mois nous avons vécus ensemble tout le temps. Du lever au coucher, et même la plupart de nos nuits. 24h/24. Sans aucune interruption. Comme on se lève on se couche et c'est toujours avec elle.


Maréva c'est ma soeur, mon compagnon d'aventure, mon camarade de jeu, mon guide. Elle est tout à la fois aussi mon baume qui apaise l'âme et celui qui tempère ma folie, sans l'éteindre. Maréva c'est un mélange subtil de tout ça. Une fraîcheur qui libère avec une conscience qui raisonne. Jamais une entrave à aucun principe, à aucune folie. Jamais une entrave à aucune envie, à aucun chemin.
Elle vous dira qu'elle n'avance pas, qu'elle est lente. Ne la croyez jamais!
Maréva c'est une force qui a quelque chose d’immuable, propulsée par une résilience sans limite. Quand il faut faire quelque chose elle l'accomplit. Quelque soit la difficulté, quelques soient les barrières sur le chemin.

Elle est aussi un esprit qui titille et un pied qui se pose sur votre derrière lorsque vous vous endormez un peu.
Elle est une lumière posée sur moi, qui illumine le voyage, qui réchauffe dans le froid, qui guide dans l'obscurité. Par ses attentions permanentes, par sa bienveillance elle dessine au dessus de moi en permanence un ciel sans nuage. Elle anticipe des situations dans lesquelles je serai mal à l'aise et elle sait les prévenir.

Maréva elle passe sa vie à s'excuser. De tout et surtout de tout. Elle se sent responsable de chaque contrariété qui jalonne les routes, qu'elle y soit pour quelque chose ou pas. Vous oubliez quelque chose derrière vous dont elle ne connaît même pas l'existence ? Elle s'excusera de ne pas vous y avoir fait penser.

Maréva c'est aussi la joie, les chansons, les sourires. La complicité aussi, le savoir être et le savoir vivre. Si importants pour nos rencontres.

Bien sûr il y a des tensions. Qui peuvent être violentes et soudaines. Essayez de vivre 24/24 avec quelqu'un... Mais elles sont toujours éphémères.

Oui 24h/24 avec quelqu'un pendant 3 mois. Sans jamais se quitter 1 minute. Et toujours aucune envie de la quitter.
Au-delà du rapport frère soeur il est incroyable de pouvoir vivre ça.


Après cette trêve des confiseurs la route me manque, l'itinérance me manque, notre routine me manque. Et je me rends compte qu'au delà même du voyage Maréva me manque ! Il est certainement plus que temps de repartir.

Ce n'est pas parce que c'est ma soeur que ça se passe comme ça, c'est parce que c'est Maréva. Par contre c'est bien parce qu'elle est ma soeur que j'ai la chance de vivre ça a ses côtés, et cette chance je la mesure chaque jour.
Son âme éclabousse, et je sais que les gens que l'on rencontre me voient plus beau que je ne suis juste d'être à ses côtés. Elle me montre le chemin, je sais ce qu'il me reste à faire. Alors action !
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C’est ce qu'on nous demande le plus souvent, parfois sous la forme "Mais qu'est-ce qui vous a pris ?" ou encore "Que cherchez-vous ?". C’est la question qu’étrangement nous ne nous sommes pas posée avant de partir. Nous avons décidé de prendre la route sans nous interroger sur le sens de ce voyage. Nous savions simplement que le vélo était à nos yeux le meilleur moyen de nous déplacer et de nous ouvrir aux autres.
Au Rwanda en 2016
Nous sommes certains d'une chose : nous ne sommes pas partis en rébellion contre la société, ni fâchés avec nos emplois ou nos employeurs. Nous avons chacun quitté une vie que nous aimions, des boulots dans lesquels nous nous sentions bien, des amis présents – nous avons pris un départ serein. Cela change certainement la manière d'appréhender le chemin et les rencontres : la curiosité nous guide, pas la colère.
Le premier voyage à vélo, avec la Sista, en 2014
C’est peut-être moi que je cherche, ou ce que je ferai quand je serai grande, ou un endroit où me poser. Je n'ai aucune idée de qui je serai quand j'arrêterai ce voyage – dans un jour, un mois ou un an. À la question "Mais pourquoi faites-vous ça ?", je ne sais toujours pas quoi répondre d'autre que : "Pour vous rencontrer."
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Je n'y arrive pas, je ne m'y fais pas. Toutes ces rencontres, ces gens qui entrent dans nos vies pour quelques minutes, une nuit ou quelques jours au mieux. Je ne sais pas dire adieu, et je ne m'y résous pas !

Chacun laisse une trace indélébile, comme des petits cailloux semés. Quand on se cherche, c'est utile et précieux pour se retrouver. Et quand on ne sait pas où aller c'est inspirant. Comme un sentier qui se balise au fur et à mesure.
Il y a ceux croisés sur la route avec lesquels on roule, quelques minutes ou quelques heures. Il y a ceux que l'on trouve par hasard sur warmshowers et que l'on prévient souvent au dernier moment. Et il y a ces soirs ou l'on est annoncés. On va chez des gens chez qui on est recommandés. Quasiment tous étaient des inconnus avant la première bise ou la première poignée de main, souvent maladroite et retardée par l'encombrement de nos montures. Chacun nous offre des moments uniques, magiques. Un simple bout de route avec Noël ou Alexis. Une soirée, un repas, une bouteille de vin souvent. Un toit et une douche aussi. Les crêpes de Karen, la soupe de Kristell, le “tembled” de Vincent, le chocolat chaud de Françoise puis celui de Charlotte, le gâteau de Luce, les châtaignes, le foie et la saucisse de Pierre, les tripes et le jus de pommes chez Julien, la ficelle picarde de Véronique… La mousse au chocolat aux olives confites chez Sébastien !

Avec Daniel et Véronique
Il y a surtout ces échanges, ces discussions, ces partages, difficiles à décrire, impossibles à écrire. Cette simplicité chez Marion et Clément, les discussions sur le monde et son fonctionnement chez Vincent et Françoise. Tous ces nouveaux horizons découverts avec Pierre, Luce et Chêne. Aurélie et Fred avec qui tout est si évident qu'on a l'impression de les connaître depuis des années. Daniel et Véronique qui nous racontent l'usine et les valeurs dans le travail qui nous paraissent d'un autre temps, et pourtant… Le parcours, la démarche et l'histoire de Seb. Certains nous ont même présenté leurs amis. On a rencontré les familles de nos amis, les membres de la Team Thomas Ruyant (Et Thomas himself)... Je ne peux pas lister tout le monde ! Il y a même Sonia que l'on n’a pas rencontrée mais qui nous a laissé sa maison.

Vincent de la maison terre/paille
Toutes ces rencontres sont différentes, chacune est censée être éphémère. Et pourtant je n'y arrive pas. Je ne sais pas dire adieu. Je ne peux pas accepter que ces personnes si riches, si humaines, traversent juste ma vie pour quelques heures. Je ne conçois pas qu'elles puissent en sortir dès que l'on se quitte sur le pas d'une porte ou sur un bord de route.

Pierre et Chêne 
Chacune est un éclat de lumière par sa foi en l'humanité, la confiance qu'elle accorde à chaque personne et par les inspirations qu'elle nous offre. Alors tous les matins c'est pareil. Un petit déjeuner qui traîne pour ne pas partir, les derniers instants, toujours un peu gênés, les mêmes paroles prononcées : “aurevoir, à tout bientôt”. A tout bientôt…
Et cette incapacité à trouver les mots pour remercier, pour exprimer ce que je ressens, tout ce que ces moments déclenchent en moi. Les leçons, les inspirations, le réconfort… Comment le dire ? On laisse un mot, parfois un cadeau de ce que l'on nous a donné (les poissons de Marion). Mais toujours ce vide, cette frustration, un regret de se dire que ce n'est pas au niveau de ce qu'ils m’apportent. Et je ne parle pas de nourriture, lit ou douche. Trouver un jour un moyen de l'exprimer, de leur dire, de leur faire sentir… D'autant que chacun nous laisse un mot extraordinaire dans notre carnet.

Au moment de se quitter avec Julien 
La chance de se revoir ? Je ne sais pas mais ça ne tient qu'à nous. Chaque rencontre est liée à celle qui la précède car toutes ces personnes ont en commun cette hospitalité, cette simplicité et cette fraternité qui fondent un humain pur et cristallin qui apaise, qui rassure et qui réchauffe. Alors dire adieu serait comme briser un élan, une chaîne dont chaque rencontre est un maillon. Cette chaîne c'est elle aujourd'hui qui entraîne nos roues, qui avale les kilomètres, qui adoucit les côtes, qui réchauffe les corps, les cœurs. Et on se projette ensemble. On essaie chaque fois de trouver une occasion de se recroiser. Alors on se dit à bientôt. Oui on se reverra ! 
Sur un chantier de rénovation participatif, sur les routes, en Géorgie, en Norvège, au gîte, sur une course, un trail ou une rando... Au Jardin du Trèfle sans aucun doute, à La Cour de Rémi pour sûr… Et avec certains on s'est même déjà revu : Clément sur les docks du Havre. 

Je dois aussi parler des amis que l'on retrouve sur le chemin. Ysé que je n'aurai peut être jamais revue. Et qui après une belle pause à Lannion fait partie des gens que je ne perdrai plus jamais de vue.

Ysé
Gwen, Christophe, Estelle et Chloé. Un déjeuner et une après-midi si intense, si paisible aussi, si simple et naturelle. Depuis la première rencontre j'avais cette envie de les connaître plus intimement, de me rapprocher d'eux. Je savais qu'il y avait là des gens et un foyer en or. Et la décision de passer par Lille a été très fortement influencée par leur présence dans la région. Comme une envie de ne pas partir, et déjà la furieuse attente de les revoir ! 
Il y a eu aussi Jo, Marie Charlotte, Louisa et Celestine a Lavagnac. Puis Vincent, Nico, Emilie, Aurélie, Nico, Jeanne, Charlotte, Hervé. Au Havre puis à Lille. Que dire ? Je ne sais même pas ! Il y a la générosité bien sûr, la simplicité aussi, la complicité, les rires aux éclats, les enfants… Ils sont là pour nous comme si tout était normal. Se déplacer pour nous voir, les kilomètres, la fatigue. S'adapter à nos dates, tout organiser, nous prendre en charge.

Nico ×2, Mimi et Aurélie
Putain les copains !! Qui nous donnent tout sans rien calculer, comme si tout était normal ! Une claque dans la gueule. 
Lorsque l'on est parti et que l'on n’a plus de chez soi, c'est tellement bon d'avoir ces refuges qui jalonnent notre route. Voir les copains c'est si important. Ne pas disparaître pour eux. Malgré l'éloignement, malgré une route divergente. Voir grandir les enfants. Les sentir derrière nous. Recevoir juste un message, un mot, une photo ou même un simple commentaire...
Au moment d’écrire ces mots j'ai le torse bien trop étroit pour contenir tout ce que j'ai à l'intérieur quand je pense à tout ça ! Le cœur qui s'accélère avec cette impression qu'il grossit et qu'il va dégoupiller comme un bouchon. Les entrailles qui remuent. Et cette rage de se dire que l'on n'est pas grand chose. D'être pris en charge, mais surtout de les avoir là avec soi, de devoir remonter sur le vélo et les quitter. Alors cela me bouleverse et déclenche un raz de marée de questions.

Quel est le sens de tout ça ? Devenir une charge pour ses amis, leur imposer nos contraintes, s'éloigner, partir… Les enfants nés récemment que l'on ne connaît pas. Ceux qui vont arriver bientôt et je ne serai pas là. Les amis qui ont acheté une maison et je suis loin. Les coups de blues des proches que la distance ne permet pas d'atténuer. Les funérailles auxquelles je n'ai pas pu me rendre. Et pourtant il m'a tant donné et tant inspiré… Et tout ce quotidien que je ne partage plus avec vous. Accepter est difficile.

Le voyage est riche de rencontres et de rapprochements incroyables. Et chaque jour j'espère qu'il ne va pas m'éloigner du sens de ma vie : vous ! Je sens votre souffle dans mon dos, j'espère qu'il ne va pas mollir. Encore une fois lorsque l'on va quitter Nico et mimi demain matin, je leur dirai “aurevoir, à tout vite”. La chaîne se poursuit, l'élan ne s'essouffle pas. L'esprit sera triste, je sais que ça sera dur, mais le coeur sera plein. Prêt à accueillir les prochaines rencontres avec envie, avec surprise. Et impatient de recroiser les copains bien vite. Continuez à semer partout autour de nous de si belles rencontres. Faites fleurir vos amis, vos connaissances, votre famille sur notre chemin. En attendant de se voir cela nous rapproche !

Et prévenez les : non, je ne saurai jamais dire adieu...
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